Chaque minute compte. Êtes-vous réellement prêt à intervenir?
16 octobre — Journée mondiale pour réanimer un cœur (World Restart a Heart Day)
Vous êtes au travail et un collègue s'effondre soudainement. Il ne répond plus et ne respire pas normalement. Quelqu'un appelle le 911, une autre personne cherche le défibrillateur.
Mais savez-vous ce que vous devriez faire en attendant les secours? Seriez-vous capable de pratiquer la réanimation cardiorespiratoire (RCR)? Et si on vous apportait un défibrillateur, oseriez-vous l'utiliser?
On espère tous ne jamais vivre une telle situation. Mais si elle se présente, mieux vaut savoir quoi faire.
Chaque année, le 16 octobre, la Journée mondiale de la réanimation (World Restart a Heart Day) rappelle l'importance d'apprendre les gestes qui peuvent sauver une vie.
C'est aussi une bonne occasion de se demander si nos milieux de travail, nos écoles et nos installations sportives sont réellement prêts à faire face à un arrêt cardiaque.
Un arrêt cardiaque peut survenir n'importe où
Au Canada, environ 60 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année à l'extérieur des hôpitaux, selon Cœur + AVC. Cela représente environ un arrêt cardiaque toutes les neuf minutes.
Un arrêt cardiaque se produit lorsque le cœur cesse soudainement de pomper efficacement le sang. La personne perd connaissance et ne respire plus normalement. Sans intervention rapide, ses chances de survie diminuent considérablement.
On estime que chaque minute qui passe sans RCR ni défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %.
D'où l'importance des premières personnes présentes sur les lieux. En commençant rapidement la RCR et en utilisant un défibrillateur externe automatisé (DEA), elles peuvent maintenir une circulation sanguine minimale et, lorsque le rythme cardiaque le permet, contribuer à rétablir une activité cardiaque efficace.
Il n'est pas nécessaire d'être un professionnel de la santé pour intervenir. Quelques connaissances de base et un équipement accessible peuvent déjà changer les choses.
Que faire si une personne est victime d'un arrêt cardiaque?
Lorsqu'une personne s'effondre, ne réagit pas et ne respire pas normalement, il faut agir rapidement.
Voici les trois étapes essentielles à connaître.
1. Appelez le 911
Contactez immédiatement les services d'urgence. Si vous êtes entouré d'autres personnes, demandez à quelqu'un d'aller chercher le défibrillateur le plus proche.
Le répartiteur du 911 pourra vous accompagner et vous expliquer les gestes à effectuer.
2. Commencez la RCR
Si la personne est inconsciente et ne respire pas normalement, commencez les compressions thoraciques.
Pour un adulte, placez vos mains au centre de sa poitrine et effectuez des compressions fermes et rapides, à un rythme de 100 à 120 par minute.
Si vous n'avez jamais suivi de formation ou ne savez pas comment pratiquer les insufflations, faites au minimum des compressions thoraciques continues, en suivant les consignes du répartiteur.
N'attendez pas d'être certain de maîtriser parfaitement la technique avant d'intervenir.
3. Utilisez un défibrillateur dès qu'il est disponible
Allumez le DEA et suivez ses instructions vocales ou visuelles.
L'appareil vous indiquera comment placer les électrodes sur la poitrine de la victime. Il analysera ensuite son rythme cardiaque pour déterminer si un choc électrique est nécessaire.
Assurez-vous que personne ne touche la victime pendant l'analyse et, si un choc est indiqué, pendant son administration.
Continuez ensuite la RCR en suivant les instructions de l'appareil et du répartiteur, jusqu'à l'arrivée des secours ou jusqu'à ce que la personne montre des signes évidents de vie.
Peut-on utiliser un défibrillateur sans formation?
Oui. Les défibrillateurs externes automatisés sont conçus pour être utilisés par le grand public, même sans formation médicale.
Pourtant, beaucoup de gens hésitent encore à s'en servir.
La peur de se tromper, de ne pas placer les électrodes correctement ou de faire mal à la victime peut prendre le dessus.
C'est justement pour réduire ces hésitations que les DEA sont équipés d'instructions vocales ou visuelles qui accompagnent l'utilisateur, étape par étape.
L'appareil explique où placer les électrodes, quand s'éloigner de la victime et quand reprendre les compressions thoraciques.
Bien sûr, une formation en RCR et en utilisation du DEA reste fortement recommandée. Elle permet de pratiquer les gestes dans un environnement encadré et de développer les bons réflexes.
Mais si vous êtes témoin d'un arrêt cardiaque et qu'un DEA est disponible, vous pouvez l'utiliser même si vous n'avez jamais suivi de formation.
Peut-on faire du mal à quelqu'un en utilisant un DEA?
C'est une préoccupation fréquente, particulièrement chez les personnes qui n'ont jamais manipulé de défibrillateur.
Il faut savoir qu'un DEA ne délivre pas un choc électrique simplement parce qu'on appuie sur un bouton.
L'appareil analyse d'abord le rythme cardiaque et détermine si une défibrillation est nécessaire. Si aucun choc n'est indiqué, il n'en administrera pas.
Il existe deux principaux types de défibrillateurs :
- Les DEA semi-automatiques : ils demandent à l'utilisateur d'appuyer sur un bouton lorsque le choc est recommandé.
- Les DEA entièrement automatiques : ils administrent le choc automatiquement après avoir averti l'utilisateur de ne plus toucher la victime.
Dans les deux cas, il est important de suivre les consignes de sécurité de l'appareil, notamment de ne jamais toucher la personne pendant l'analyse du rythme cardiaque ou l'administration d'un choc.
Le DEA est donc conçu pour permettre une intervention sécuritaire, même par une personne qui n'a aucune expérience médicale.
Votre entreprise possède un DEA. Mais est-il vraiment prêt à servir?
Avoir un défibrillateur dans son entreprise, son école ou son centre sportif est une excellente initiative. Encore faut-il pouvoir compter sur lui lorsqu'une urgence survient.
Vous savez peut-être qu'il y a un DEA quelque part dans votre bâtiment. Mais savez-vous exactement où il se trouve? Est-ce que vos collègues le savent aussi?
Et quand quelqu'un a-t-il vérifié son état pour la dernière fois?
On n'y pense pas nécessairement au quotidien, surtout lorsqu'un appareil n'a jamais été utilisé. Pourtant, les électrodes possèdent une date d'expiration, les batteries ont une durée de vie limitée et certains appareils peuvent nécessiter des interventions d'entretien.
Un défibrillateur qui demeure installé pendant plusieurs années sans suivi adéquat pourrait ne pas être prêt au moment où on en a besoin.
Comment savoir si votre DEA est prêt à fonctionner?
Quelques vérifications permettent de faire le point sur l'état de votre équipement.
L'appareil est-il facilement accessible?
Un DEA installé dans une pièce verrouillée ou dont personne ne connaît l'emplacement risque de faire perdre de précieuses minutes. Il doit être rapidement accessible aux personnes susceptibles de devoir l'utiliser.
Les électrodes sont-elles encore valides?
Les électrodes ont une durée de conservation déterminée par le fabricant. Elles doivent être remplacées lorsqu'elles arrivent à expiration, même si elles n'ont jamais servi.
La batterie est-elle fonctionnelle?
Selon le modèle, la batterie doit être remplacée à des intervalles précis ou lorsque l'appareil indique qu'une intervention est nécessaire.
L'appareil indique-t-il qu'il est prêt à être utilisé?
Plusieurs défibrillateurs possèdent un voyant ou un indicateur d'état qui permet de vérifier rapidement leur disponibilité. Il est important de connaître la signification de ces indicateurs et de respecter les recommandations du fabricant.
Qui est responsable de son entretien?
Dans une organisation, il devrait être clair qui assure le suivi des équipements, qui vérifie les dates d'expiration et qui intervient lorsqu'un remplacement est nécessaire.
Si vous ne connaissez pas les réponses à ces questions, c'est peut-être le bon moment pour effectuer une vérification.
Le 16 octobre, pourquoi ne pas en profiter pour mieux se préparer?
La Journée mondiale de la réanimation est une occasion de parler de la RCR et de sensibiliser les personnes autour de nous. Mais elle peut aussi servir de rappel pour revoir certaines habitudes.
Au travail, par exemple, vous pourriez prendre quelques minutes pour montrer à vos collègues où se trouve le défibrillateur, vérifier que son accès est dégagé et vous assurer que les équipements sont en bon état.
C'est également une bonne occasion de proposer une formation en RCR aux employés ou de rafraîchir les connaissances de ceux qui ont déjà été formés.
Et si votre organisation possède plusieurs DEA, pourquoi ne pas revoir leur calendrier d'inspection et d'entretien?
Besoin de faire vérifier vos défibrillateurs?
Chez Cardio Choc, nous accompagnons les entreprises et les organisations dans l'inspection et l'entretien de leurs défibrillateurs et de leurs trousses de premiers soins.
Notre équipe peut se déplacer dans vos installations, partout au Québec et dans la région d'Ottawa, afin de vérifier vos équipements et de vous aider à maintenir leur bon état de fonctionnement.
Découvrez notre service d'inspection et d'entretien des DEA et des trousses de premiers soins.
Et si ça arrivait demain?
Personne ne souhaite devoir pratiquer la RCR ou utiliser un défibrillateur. Mais lorsqu'un arrêt cardiaque survient, les premières minutes sont déterminantes.
Savoir reconnaître les signes, appeler les secours, commencer les compressions thoraciques et utiliser un DEA sont des gestes à la portée de tous.
Le 16 octobre, prenez quelques minutes pour en parler avec vos collègues ou vos proches. Repérez le défibrillateur le plus près de vous. Et si vous n'avez jamais appris la RCR, renseignez-vous sur les formations disponibles.
Ce sont des gestes simples qu'on espère ne jamais avoir à poser. Mais qui pourraient un jour sauver la vie de quelqu'un.